Mon coeur en cendres- Olivier Adam

Résumé: J’ouvre les yeux.
J’ai encore des flammes sous les paupières.
Tous les matins c’est pareil. Je me réveille.
Et il y a le souvenir du feu dans mon sommeil.
Ces temps-ci je ne rêve plus. Plus vraiment.
Ou alors je ne m’en souviens pas.
Mais au matin il reste ça. Des flammes
Elles dévorent tout. Prennent toute la place.
Réduisent tout en cendres.
Il faudrait que je parvienne à ne plus y penser.
Après tout ce n’est rien. Juste des flashs.
Des images incrustées dans la nuit.
Mais je ne peux pas. J’ai déjà ignoré trop de signes.
Et je l’ai payé cher.


Mon avis: Il y a des auteurs dont on ne veut rater aucune sorties. Des auteurs dont on aime profondément la plume parce que leur mots résonnent en nous. C’est le cas de chaque livre d’Olivier Adam pour moi. Et ce dernier a été très dur. Préparez les mouchoirs parce que vous n’en ressortirez pas indemne. Je tiens à remercier de tout mon coeur Collection R pour leur constante confiance !

Antoine est un tout jeune bachelier qui ne sait pas vraiment où il va. Contrairement à ses autres amis, il ne pense pas passer un été « inoubliable ». Loin de là même. Il a perdu tragiquement son meilleur ami, Tranh, l’année dernière et pour lui est venu le moment de se reconstruire. Il a dû enchainer la mort de Tranh, l’absence constante de sa mère et la fuite de son père. Antoine est définitivement seul. Et comment peut-on se reconstruire quand on n’a plus aucune chose à laquelle se raccrocher ? Pourtant, il y a Léa. C’est sa petite amie. C’est son petit rayon de soleil. Mais Léa ne vient pas du même monde que lui. Pour elle, tout est plus facile. Forcément quand on vient d’un milieu aisé, tout est toujours plus facile. Mais Antoine n’est pas jaloux. Enfin…pas trop. Lui il a d’autres préoccupations au quotidien. Comme son petit frère Théo par exemple. Il doit prendre soin de lui en plus de devoir s’occuper de lui-même. La vie n’est pas toujours toute belle lorsqu’on a 18 ans. Et celle de Antoine en est le parfait exemple.

« Est-ce que c’est différent entre meufs ? Est-ce qu’elles parlent vraiment, elles, de ce qui compte ? De ce qui les ronge ou les réjouit au contraire. De ce que ça leur fait d’être en vie. De ce qui leur passe vraiment dans le crâne et le cœur. Des douleurs, des fissures, des tremblements. Des joies, de la lumière. De l’amour qu’elles éprouvent. De l’amour qui se dérobe. De l’amour qui leur manque. »

Et puis il y a ce moment où tout va basculer. Cet instant où Antoine va ouvrir les yeux. Il y a des souvenirs, des regrets, des envies. Quand Antoine aime, il aime de toute son âme. Et même si Tranh était comme son âme sœur, Antoine a envie de tout donner à Léa. Mais il y a ce détail, cette chose qui fait que le jeune garçon bloque. Ce petit je-ne-sais-quoi qui le rebute. Antoine aime Léa. Et c’est réciproque, mais on fait tous des erreurs dans la vie, non ? Si Antoine semble enfin sortir de ce trou noir, c’est pour mieux rechuter. C’est peut-être l’instant le plus sombre, celui qui vous change à tout jamais même…

Ce que j’aime par dessus tout dans chaque roman d’Olivier Adam ce sont ses personnages qui sont tellement humain. Des Antoine, des Léa, on en croise tous les jours. On ne sait juste pas à quel moment ça va arriver. Il aborde avec plein de justesse des sujets difficiles et en plus, d’une manière si simple et logique que ça en devient énervant. J’aime cette plume, ces instants d’absolue détresse de ses personnages. Parce que qui pourrait être encore plus bas que terre que Antoine ? Qui aime voir sa vie aussi anéantie ?

Mon coeur en cendres est une pépite de celle qu’on n’oublie pas. Olivier Adam a ce pouvoir de vous envouter dès les premiers mots. En commençant, je savais. Je savais où il allait m’amener. Je m’y étais préparée et pourtant… Je pleure rarement à chaudes larmes pour mes lectures. Mais là, j’ai dû reposer mon livre quelques instants, le temps de reprendre mon souffle. Le temps de penser à tous ces Antoine ici et là. J’ai eu le coeur brisé en milliers de morceaux. C’était tellement dur et en même temps, on a l’impression qu’en un instant, ton souffle revient. On revit. On meurs et on revit, c’est ça oui. J’écris cette chronique encore à chaud. Ca fait 2h que j’ai terminé ce livre, 2h que j’en veux à Olivier Adam et en même temps, j’ai envie de lui dire merci. Parce que les histoires ne sont pas toutes jolies. Parce qu’on ne doit jamais trop idolâtrer la vie. Mon coeur a fini en cendres et je ne suis pas prête de l’oublier.

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