Chronique | Millenium Blues – Faïza Guène*

Millenium Blues

Résumé: De la fin des années 1990 à nos jours, Zouzou promène sur son époque son regard d’enfant, d’adolescente, puis de jeune femme, et enfin de mère, tout cela dans le désordre ou presque. On suit par épisodes, par âges, le parcours tourmenté de ce personnage, reflet de sa génération, bousculée par l’arrivée du nouveau millénaire.
Chaque épisode fort de la vie intime de Zouzou est lié de près ou de loin à un événement de notre vie collective. La coupe du monde 1998, le 11 septembre 2001, le second tour de l’élection présidentielle de 2002 ou encore la Grippe A…
Mais si le monde change à un rythme de plus en plus rapide, une chose demeure  : l’amitié qui lie Zouzou à Carmen, et qui va traverser le temps et les épreuves.
Tout commence à Paris, par un accident, en août 2003, en plein cœur de la canicule…


Mon avis: L’année 2018 vient tout juste de commencer et voilà déjà un premier coup de coeur. Je tiens avant tout à remercier les éditions Fayard et Netgalley pour cette superbe découverte.

J’ai connu l’écriture de Faïza Guène lorsque j’étais au collège. Une petite môme de 13 ans découvrant la littérature à travers des romans percutants et justes. Et il y a eu CE roman: Kiff Kiff Demain. Un livre devenu intergénérationnel. Et une dizaine d’années plus tard, je redécouvre la plume de l’auteure en ayant grandi, mûri et découvert un peu plus la vie. Millenium Blues est une magnifique ode à notre époque. Avec ses hauts et ses bas. Et ce gros coup de blues de toute une génération. La fin des années 90, la coup du monde, les présidentielles, les attentats et la persécution de notre monde, tout y est. Faïza Guène nous amène de manière terriblement intelligente et subtile vers la vérité. Nous vieillissons tous, nous grandissons et nous découvrons une vie tiraillée entre une certaine beauté et la violence quotidienne que notre Terre subit. C’est percutant et ça prend parfois aux tripes.

Le personnage de Zouzou est marquante par bien des manières. On découvre d’abord le « passé ». Celui où elle a grandit, où elle a fait des découvertes. La vie, l’amour, les déceptions, l’apprentissage. Il y a les souvenirs de sa vie personnelle. Ceux-ci sont plein de bon sens. Rien n’est caché, il n’y a aucune retenue. C’est clair, net et précis. Zouzou n’a pas vécu une mauvaise enfance et adolescence. Elle a juste payer les frais d’une vie dite « normale ». On est loin de l’héroïne déjà vu, pleine de clichés et voulant sauver le monde. Non. Zouzou est très certaine le personnage le plus sincère et réaliste qu’il m’ait été donné de découvrir.

Et puis Zouzou raconte aussi ce qui a marqué le monde. La France. Ses amis et leur vie imparfaite. Elle raconte ce que toute une génération a connu et se rappelle encore chaque jour qui passe. C’est aussi pour ça que je l’ai aimé. Pour ses pensées pleines de bon sens et de réalisme.Pour son humour terrible et son amour passionné. Elle ne mâche pas ses mots et c’est ce qui percute le plus. Sans aucune retenue, elle donne son avis sur le monde, sur notre pays, sur ce que tout ça a donné et marque encore les esprits. Et enfin, il y a la Zouzou du « présent ». Celle qui a mûri. Celle qui a dû faire face aux échecs, aux mauvaises rencontres et à la vie pas toujours sympathique. Mais ce que Zouzou garde en tête c’est qu’elle se sait chanceuse et elle voit à quel point notre monde se dégrade et à quel point elle n’a pas envie de faire découvrir ça aux générations futures. Il y a d’ailleurs ce passage dans  le roman qui m’a mis une énorme claque et qui disait:

« Ce serait bien qu’on accepte qu’on finira tous pareil ; c’est-à-dire morts. Et qu’on y réfléchisse de temps en temps.

Qu’est-ce qu’on veut laisser à nos enfants ? La téléréalité ? Le plan Vigipirate ? Donald Trump ? Le silicone dans le popotin ?

Et si on leur laissait une certaine idée de la vie ?

Si on leur laissait de la beauté ? De la poésie ? Des sentiments ?

Si on se débarrassait de ce blues ?

Car, oui, la vie mérite d’être fêtée. Il faudrait célébrer la vie qu’on nous donne à vivre et ne pas en faire n’importe quoi. »

Les mots de Faïza Guène sont justes, percutants et plein de réalisme. C’est sûr, Millenium Blues mérite un succès du tonnerre car il donne de la voix à toute une génération qui n’en peut plus de se battre contre du vent. Une génération qui n’a désormais plus envie que d’une seule chose: vivre et ne plus survivre.

Je ne peux que vous le conseiller. Achetez-le, dévorez-le, riez et surtout…vivez !

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2 commentaires sur « Chronique | Millenium Blues – Faïza Guène* »

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