Chronique | Rubiel e(s)t moi – Vincent Lahouze*

rubiel est moi

Résumé » Si je devais me souvenir d’une chose, d’une seule chose, ce serait la vision des murs gris de l’Orphelinat du Bienestar de Medellin et des portes qui claquaient lorsque nous courions dans les couloirs, le bruit sourd de mes pieds nus sur le parquet de bois délavé et poussiéreux. Oui, d’aussi loin que je me souvienne, la couleur n’existait pas.

Je suis né en Colombie, à la fin de l’année 1987, mais je n’ai commencé à vivre qu’en 1991. « 


Mon avis: Depuis le temps que je suis Vincent sur ses réseaux sociaux, je n’avais qu’une hâte : avoir, un jour, un de ses livres entre mes mains. Vous ne pouvez pas imaginer une seule seconde mon enthousiasme lorsque son tout premier roman m’attendait gentiment dans ma BAL. Tout ça était enfin réel. J’allais ENFIN lire le récit dont Vincent parle depuis si longtemps. Je tiens d’ailleurs à remercier les éditions Michel Lafon pour cette magnifique lecture.

Qui sont vraiment Rubiel et Vincent ? Qui est qui ? Avez-vous déjà eu envie de savoir qui vous étiez vraiment ?

Dans Rubiel e(s)t moi, tout commence en Colombie. Les années 90, la guerre, la suie, la morve au nez et la saleté partout. Rubiel est un petit garçon abandonné. L’orphelinat, il ne connaît que ça. Dehors ça crie, ça hurle même, et ça vagabonde un peu partout. Rubiel est un garçon calme, curieux et espérant au fond de lui pouvoir grandir dans une famille. Une vraie famille. Vincent nous raconte son histoire. Et l’histoire de Rubiel. Vincent est Rubiel. Rubiel est Vincent. Mais il y a aussi ce « e(s)t ». Parce que Vincent n’est pas seul dans sa tête. Il y a toujours cette part de Rubiel en lui. Il y a toujours cette histoire commune entre les deux garçons. Un qui vit dans le passé. L’autre dans le présent. Et si la vie avait pris un tout autre tournant ? Et si Rubiel n’était pas devenu Vincent ?

« Cette nuit-là, une feuille blanche m’a sauvé la vie. Depuis, je continue d’écrire. Et j’ai compris le but. Ecrire et mûrir. Et devenir immortel, à jamais. »

C’est d’ailleurs le principal sujet du roman de Vincent. Sans être une réelle autobiographie, on découvre et on suppose des choses. Vincent est d’abord timide, maladroit et puis son récit s’étoffe. Tout devient plus clair. Pour nous, pour lui. Son monde n’est plus le même. C’est un homme grandit, un garçon solide et robuste. Son récit, il nous le partage comme on le fait dans nos journaux intimes. Caché de tous, personne ne doit savoir. On devient alors des personnes de confiance. Vincent se confie. Il dit ce qui ne va pas. Il nous raconte son histoire. Comme il la voit. Cette histoire unique. Cette histoire qui concerne aussi des milliers d’enfant adoptés. Le récit de Vincent est celui d’un homme en construction. Un homme qui s’est longtemps cherché. Un homme qui s’est un peu trouvé. Et c’est ce récit là qui m’a encore le plus touché. Ses mots, ses phrases percutantes. Cette histoire qui vous prend aux tripes et qui vous retourne la cervelle.

Rubiel e(s)t moi est l’histoire de deux garçons. Pas si opposés et au passé commun. L’histoire de Vincent est belle. Malgré des moments terriblement tristes, c’est un récit fort que l’on découvre. Une plume qui vous transporte loin et qui vous fait oublier votre quotidien. Les mots de Vincent touchent, brûlent et, en même temps, apaisent. Je dois avouer que j’ai versé quelques larmes pendant cette lecture. Parce que ce récit c’est celui d’un homme qui a su s’accrocher à la vie malgré tout. Et puis l’histoire de Rubiel est aussi belle que terrifiante. Rubiel e(s)t moi est un premier roman qui vous brisera le cœur, qui vous l’arrachera et puis qui vous soignera.

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