Chronique | My life matters – Jay Coles

 

Auteur: Jay Coles/Editeur: Hachette/Sortie: 04.07.2018/Prix:15,90€/260 pages/Contemporain-Jeunesse

Résumé: « Je n’oublierai jamais Tyler. Je ne veux pas que le reste du monde l’oublie non plus. » Marvin Jonhson, 17 ans, est un excellent élève qui fait tout pour éviter les ennuis. Mais quand on est noir dans une Amérique de blancs, les ennuis ne sont jamais loin. Lorsque Tyler, son frère jumeau, va à une soirée organisée par un gang du quartier, Marvin l’accompagne, avec la ferme intention de veiller sur lui. Soudain, c’est le chaos. Descente de police, coups de feu. Marvin perd son frère dans la panique. Le lendemain matin, Tyler n’est toujours pas à la maison. Aucune nouvelle de lui. Lentement, la réalité s’impose : il a disparu. Pendant les jours qui suivent, Marvin et sa mère cherchent Tyler sans relâche. Jusqu’à ce qu’on leur annonce que le corps de Tyler a été retrouvé. Mais la vidéo qui tourne sur le web raconte une histoire encore plus glaçante : Tyler a été abattu par un policier, alors qu’il essayait de rentrer chez lui. Après ce drame, les réseaux sociaux s’emparent de l’histoire. Marvin semble être le seul à ne pas oublier que Tyler était plus qu’un fait divers…


Mon avis:  Au moment où j’écris ces quelques lignes, je viens tout juste de terminer une lecture qui risque d’être marquante pendant encore un bon moment.

Ce roman que je vous présente parle de racisme. Il parle de violences policières. Mais aussi de désespoir face à ce qui nous brise en mille morceaux. Et il parle de la vie qui vous marque à tout jamais.

Dans cette histoire, nous suivons Marvin et son jumeau, Tyler. À eux deux, ils sont comme les cinq doigts d’une main. Malgré leurs quelques différences de caractère, ils sont reliés à vie par cette force immuable qu’est la géméllité. Les deux ados doivent faire face à tout un tas de choses pas très jolies au quotidien. Et du haut de leur 17 ans, ils ont déjà vécues des instants assez traumatisants. Dans leur ville, leur quartier, ils doivent faire face aux violences quotidiennes de la part des policiers. Ces violences policières bien trop présentes, bien trop injustifiées et bien trop violentes.

« Quelle leçon devrai-je donc apprendre aujourd’hui ? 

Ne pas être un individu lucide ? 

Ne pas se soucier d’une vie innocente, d’un garçon qui gît inconscient à quelques centimètres de moi ? 

Ne pas se souvier de ma propre vie ? 

Ne pas appartenir à ma race ? 

Je ne sais pas pourquoi, mais je commence à me détester, à m’apitoyer sur moi-même, parce que je suis Noir depuis trop longtemps, parce que je représente une telle menace pour la société avec cette peau, à cause des mots qui viennent à l’esprit de certaines personnes quand elles me voient. »

Et puis il y a cette soirée. Cette fête qui aurait dû leur mettre la puce à l’oreille. Cette fête où Tyler n’aurait pas dû aller. Ni Marvin d’ailleurs. Ce soir là, ils ne le savent pas encore, mais leur vie va basculer du tout au tout. Car Tyler disparaît. Ce qui ressemble étrangement à une disparition va être résolue quelques jours plus tard. Tyler est mort. Tyler n’est plus. La seule chose, dans ce monde, qui donnait envie à Marvin de vivre et de croire en ses plus grands rêves, son sang, la chair de sa chair, son souffle, n’est plus. C’est alors le début d’une longue descente aux enfers. Marvin qui était promis à un brillant avenir au MIT va devoir revoir ses priorités, mais également se remettre en question. Et son seul but dans la vie est de faire payer la mort injustifiée de son jumeau.

Je n’aurai pas assez de mots pour vous décrir le personnage de Marvin. Et de toutes les personnes qui l’entourent également. Mais ce que j’ai retenu de cet adolescent brisé c’est qu’il faut toujours s’accrocher. La mort d’un proche vous détruit. Elle vous change à tout jamais et il est clair qu’après la perte de son jumeau, Marvin n’est plus le même. Mais d’un autre point de vue, Marvin décide enfin de se rebeller contre cette société. Certes, peut-être pas de la meilleure des façon, mais il montre qu’on peut se battre si on veut réellement montrer à quel point tout part dans tous les sens dans cette société.

My life matters m’a empli de larmes et de colère. Les mots de Jay Coles m’ont retournés les tripes. Ces derniers mois, j’ai enchaînées les lectures sur le sujet. Après l’épique THUG de Angie Thomas, je voulais découvrir des YA dans le même style. Des romans qui traitent sur ce sujet là. Le personnage de Marvin m’a brisé en mille morceaux. Il est la personne la plus précieuse en ce monde. Il m’a également redonné un peu d’espoir dans ce monde de bruts. La violence n’est pas seulement le sujet principal de cette histoire et je vous laisserai avec grand plaisir découvrir tout cela si vous en avez l’occasion. Découvrez, lisez et relisez pour ne jamais oublier qu’il faut continuer de se battre au quotidien contre ces violences. Les mots sont parfois bien plus puissants que des gestes.

 

coup de coeur

 

Un commentaire sur « Chronique | My life matters – Jay Coles »

  1. Merci pour cette critique! J’ai aussi lu ce livre tout récemment. Même si l’histoire n’est pas très originale (il existe plusieurs romans sur la brutalité policière envers les afro-américains sur le marché qui suivent la même trame narrative), et que j’avais une vague impression de déjà-lu en lisant ce roman, j’ai tout de même bien apprécié ma lecture. Je n’ai pas encore lu THUG, mais La Haine qu’on donne (de la même autrice) m’a beaucoup plu! https://mistikrak.wordpress.com/2020/03/23/my-life-matters/

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